vendredi 7 février 2014

Valises, pansements et vieux costumes...

C'est curieux d'observer l'attitude que l'on a envers soi-même .
Je parle de mon expérience bien sûr et aussi des échanges avec des amis et des consultants, c'est un point de vue simplement .

De voir comment on reproduit avec soi-même les comportements qu'ont eu les adultes avec nous lorsque nous étions enfants. Le fait de minimiser les blessures, dédramatiser au lieu d'écouter. Sans s'en rendre compte, on s'impose une ligne de conduite composée d'évitement, de vulgarisation du vécu et de censure de sa propre réalité. Tout comme nos parents emprunts de bonnes intentions nous disait qu'il y a pire dans le monde, la faim, la guerre .. sans remettre cela en question parce que c'est un fait, cela peut-être vécu comme une non-écoute avec une approche culpabilisante. A quel point en tant qu'adulte reproduit-on cela avec soi-même? Là ça fait mal, mais je vois la chance que j'ai, c'est pas grave, ça va passer.. au bout de X années on est dans quel état à force de ne pas s'être écouté?
Quand quelqu'un souffre dans sa vie, c'est réel pour elle, l'écoute est primordiale pour panser la blessure et repartir jouer .
Sinon un jour, on se retrouve adulte avec plein de croûtes plus ou moins bien cachées.
J'ai pris conscience à quel point, il est communément admis que nous sommes tous blessés et portons tous des valises. Moi aussi, je l'avais admis mais aujourd'hui, je ne crois plus que ce soit une fatalité.
Certes, ça implique d'aller voir, scène par scène, événements, émotions.. ce sur quoi on s'est construit ou structuré, nous éloignant de notre nature spontanée et essentielle. Pas confortable, fatiguant mais libérateur.
Il y a des choses que l'on peut aller voir seul, d'autres où l'on se fait aider, pas à pas, on s'allège;
ça prend du temps mais parfois beaucoup moins que l'on aurait pu le croire.
Je crois vraiment que l'on est pas obligé de se trimballer des blessures et des valises jusqu'à la fin de l'incarnation, sauf si l'on en est persuadé.
Est-ce que l'on s'offre cette écoute bienveillante, sans jugement, sans omission?
Sans se comparer au politiquement ou spirituellement correct?
Est-ce que l'on s'autorise à voir que tel ou tel événement a été très mal vécu même si on voudrait le montrer comme anodin?
Est-ce que l'on s'autorise une écoute réelle jusqu'à ce que le sac soit vidé?que cette valise soit définitivement lâchée?
Oui, il y a toujours pire dans le monde, la comparaison toujours source de souffrance.Et pour cette raison, on va se renier dans ce que l'on vit?
Continuer à mettre de la pommade sur un os cassé?

Plus on s'allège, plus on s'offre la liberté d'exprimer notre individualité dans ses couleurs et teintes qui lui sont propres. On s'offre l'espace d'humain libre dans son présent.
Aller voir, n'est pas s'épandre ou se plaindre. C'est accepter d'écouter les parts de soi blessées, froissées et qui ont vraiment envie de vivre autre chose.
Pour aller danser, célébrer, partager, écouter, aimer, vivre pleinement c'est bien plus simple sans toutes les valises, pansements et vieux costumes.

  à suivre...