jeudi 25 février 2016

La fascination et l'identification au corps émotionnel

Nous créons et vivons notre réalité à chaque instant, de par le regard que nous posons sur le monde, à travers nos interprétations, et nos filtres qui influencent notre positionnement et les actions qui en découlent  .
Le plus gros filtre, à mon sens, est celui d'un corps émotionnel malmené parce que l'on freine ou retient les émotions au lieu de les laisser nous traverser, on les stocke et elles se cristallisent .
Parce que notre corps émotionnel est en souffrance, il nous fait voir et interpréter toutes choses, tout événement au travers des blessures passées et non guéries, car non-accueillies et non-lâchées .
Nous sommes parfois tellement identifié à tout cela, que nous croyons la "réalité" de l'histoire de souffrance .
C'est un programme fascinant, quasi hypnotique qui nous fait agir en réaction et non en action .

Nous avons été conditionnés enfants à juger de façon duelle  nos émotions, à les trier, et à refouler, mettre de côté, voir même les diaboliser (de peur de ne pas les maîtriser), celles jugées "négatives "pour nous adapter aux principes d'une société  .Comme l'exprimait très justement et simplement Krishnamurti :
 "Ce n'est pas un signe de bonne santé que d' être bien adapté à une société profondément malade ."
 En nous adaptant aux codes et moeurs, l'habitude est prise de trier nos émotions, celles qui sont "politiquement" correctes . 
Et les habitudes sont tellement en place que cela devient des mécanismes inconscients et il est bénéfique et libérateur d'aller les revisiter et les réactualiser lorsque cela devient limitant dans la pleine expression de l'être unique que nous sommes.
 Et donc ces émotions rejetées, que deviennent-elles ? 
Mmm ça macère à l'intérieur et ces bons gros paquets qui encombrent notre corps émotionnel deviennent l'histoire à laquelle on s' identifie . C'est une grande partie du personnage que je crois être, qui est passé par de dures épreuves, ça n'a pas été facile, je travaille encore dessus.... je l'intègre, le digère ...
Mais la croyance tenace en ce passé émotionnel qui fait tout un brouhaha, nous éloigne de la paix de l'instant, nous pollue finalement car nous nous y identifions .

J'entends très souvent les personnes se juger pour les émotions qu'elles ressentent et je leur demande si elles ont choisi ces émotions .. A priori on choisirait le top du top, si c'était le mental qui passait commande et maîtrisait, et pas la colère, ni la tristesse, la lassitude ...Les émotions arrivent, nous traversent et se transforment si on ne les combat pas, si on les accueille et les reconnaît pour ce qu'elles sont . Elles sont la résonnance en multi-teintes de la vie qui nous traverse, des signes nous indiquant si nous sommes dans le respect et l'écoute de notre harmonie intérieur/extérieur, ressenti/action .
Mais l'habitude de refoulement et d'étouffement se mets en place automatiquement si cela est resté inconscient .
On rajoute un petit sac à notre corps émotionnel débordant et une dose de jugement par dessus .
Waou quel programme !

Une émotion nous traverse, accueillons la et écoutons ce qu'elle exprime, ce à quoi elle nous ramène et ce qu'il y a derrière, bien souvent une résonance avec d'autres émotions passées et non-libérées .

Exemple : je vis une situation et là, une colère se manifeste .

Option 1 
 je peux alimenter ma cocotte et "prendre" sur moi en refoulant, quand même, ça se fait pas, je devrai être au-dessus de ça, je ne veux pas blesser ... blablabla toutes les meilleures excuses du monde et en fait je n'ai pas accueilli ni écouté ce qui se vit sur l'instant et j'agis de façon automatique par rapport à des données mentales acquises, quitte à me maltraiter par manque d'écoute bienveillante . Effort et tensions qui ne vont pas nourrir la paix intérieure ni l'harmonie avec les autres à long terme .Bref, je refoule, je ne me fais pas de bien et un jour cette émotion sortira disproportionnée à la situation et on porra rajouter une petite pincée de culpabilité ..

Option 2 
 tiens, ça crée de la colère en moi, tiens, qu'est ce que ça me raconte, je prends le temps d'écouter ce qui se vit en moi et je m'offre l'opportunité de sortir de la confusion . Ce qui pourrait donner un dialogue intérieur :
_  je ne me sens pas respectée
_  ah et? 
_ j'en ai marre de faire des efforts .. c'est toujours pareil ... 
ok, je reste avec, je ne combats pas et l'émotion se calme déjà un peu et commence à me raconter son histoire . 
_ Parce qu'en fait qu'est ce que je voudrai ? 
_ être dans une relation respectueuse et harmonieuse .
Derrière cette colère il y a une réelle aspiration à l'harmonie et au respect .
_ Qu'est ce que je pourrai mettre en place pour être dans une relation respectueuse et harmonieuse ?
_ heu, me respecter peut-être déjà et être en harmonie avec ce qui se vit en moi pour pouvoir le partager, l'exprimer, simplement, dans la confiance ..
etc ...

Après ce temps d'accueil et d'écoute la colère m'a délivré son message et le calme est revenu . La place est redonnée à l'action et non plus à une habitude frustrante née de la peur de la rencontre de ce qui nous traverse, de celle d'être débordé par ses émotions, ne plus pouvoir les gérer et de faire n'importe quoi . 
Finalement, n'est ce pas la cocote-minute qui pète ?

C'est vrai, des fois, on se dit que c'est compliqué, que ça a l'air trop simple ... 
Mais finalement, n'est-ce pas plus compliqué de continuer à nourrir une décharge de mal-être émotionnel refoulé, de rester enfermé dans un fonctionnement habituel qui nous fait tourner en boucle dans la mésestime que d'enfin s'offrir d'accueillir ce qui se vit dans l'instant, simplement, en harmonie avec soi ?

Je reste intimement persuadée que lorsque l'on est à l'écoute et dans l'accueil bienveillant avec ce qui se vit en nous, l'on est centré et c'est là que l'on peut pleinement participer et créer avec le coeur . 
Nous sommes la vie qui s'exprime à travers chacun de nous, et la vie prends soin d'elle .
Il est impossible d'être en harmonie, dans la joie et la confiance avec le monde si on ne l'est pas avec soi .
 
Et l'on revient à être soit dans la peur, soit dans la confiance .

Belle journée à vous tous .





 


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