lundi 30 octobre 2017

Se dire OUI

A quel moment s'autorise t'on à être pleinement soi ?
 à exprimer naturellement ce qui nous traverse, ce qui nous tient à coeur, nous met en mouvement, pensées, émotions, sans se freiner parce que l'on s'impose à paraître .

Oui, on s'impose un personnage public ...
plus ou moins consciemment, par mécanisme habituel, en ayant perdu de vue que c'est notre création en réaction à du vécu certes, mais pour une bien grosse part à nos suppositions et projections de cet hypothétique "moi" parfait, sans faille que je devrais être pour être apprécié, reconnu, aimé, etc ...

Au départ, comme tout nouveau fonctionnement mis en place, bien sûr, il y a quelques bénéfices,
on n'est pas fou !

 Le moment où ça dérape, c'est celui où il devient une habitude et petit à petit, on s'enferme en partie dans ce personnage, celui que l'on pense devoir être face aux regard des autres, celui qui est fort, celui qui est toujours calme, toujours disponible, souriant, aimable, etc ... mettez ce qui vous parle ;)

Ce qui est dommage est que l'écart entre ce qui se vit et cette vision égotique se creuse et nourrit une dévalorisation sans cesse croissante de l'image de soi, du regard que l'on se porte, un jugement dur et sans cesse en comparaison avec ce personnage illusoire, inatteignable et non-humain que l'on a cru devoir être .
Bref, on se fait souffrir, car ce qui est nourrit derrière est l'idée que je ne suis pas assez ceci, trop cela, on ne peut pas m'aimer comme ça, surtout, je ne m'aime pas comme ça .
Et on cherche, on met en place des "je dois", des "il faut", "j'aurai du", "je suis trop bête", on s'impose des lignes de conduites pour être autre chose, quelqu'un d'autre .

Il y a une grande différence entre développer  des capacités, s'améliorer et tendre vers l'expression la plus transparente et mâture de Soi et se faire violence à vouloir se transformer par rejet de ses particularités .

En essayant de mettre de côtés nos particularités, nos "défauts", nos imperfections, notre vulnérabilité, notre faillibilité, on se fait un joli scaphandre ... qui nous empêche de vivre légèrement et simplement ce qui se présente et il devient difficile à l'autre de nous rencontrer réellement .

Ce qui ramène à la notion de réciprocité, de transparence, d'intimité et donc de vulnérabilité, d'ouverture à sa sensibilité, du partage et accueil de son expérience, de celle de l'autre, juste là, telle qu'elle est .

A notre véritable nature en fin de compte, il n'y a qu'à observer les enfants qui vivent pleinement, partagent entièrement ce qui les traverse qu'elle qu'en soit la forme, se relient à l'autre sans faux semblants, sans distance .

Bien sûr, on ne va pas s'ouvrir en intimité partout avec tout le monde, mais l'idée est de prendre conscience que ce personnage publique est juste un costume qu'il est bon de savoir l'ôter pour être juste soi, respirer et vivre pleinement l'instant .

A le garder trop longtemps, on arrive parfois à ne plus savoir quelles sont nos priorités, nos en-vies, nos désirs, ce que l'on veut vraiment, à avoir perdu cette intimité avec soi-même .

 Nous sommes ici pour très peu de temps finalement, et rien, si ce n'est nos croyances et jugements, ne nous empêche d'agir et de nous exprimer le plus sincèrement possible, en accord avec notre être dans nos relations, inter-actions et créations .

 Chacun d'entre nous a une parcelle unique de vie et peut apporter énormément à son échelle, tout autour de lui si il se fait confiance, si il s'autorise à exprimer pleinement ses particularités, à les partager, à dire OUI à qui il est .

Belle journée à tous .

Marie







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